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DECLARATION DE MONSIEUR LE GOUVERNEUR

DE LA BANQUE CENTRALE A L’OCCASION DU

41ème ANNIVERSAIRE DE LA MONNAIE

GUINEENNE

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Chers Compatriotes,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le 1er mars 2001 est le 41ème anniversaire de la création de la monnaie guinéenne, l’un des symboles de notre souveraineté.

 

Ceci me donne l’occasion de faire le point des actions entreprises par la Banque Centrale de la République de Guinée dans le domaine financier au cours de l’année écoulée, et de présenter dans ses grandes lignes les perspectives pour l’année 2001.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Comme vous le savez, l’année 2000 s’est achevée dans un climat d’instabilité suite aux agressions armées que notre vaillant peuple subit et continue de subir depuis le mois de septembre 2000.

 

Nous avons la conviction que sous la conduite stratégique et tactique de leur Commandant en Chef, le Général Président Lansana CONTE, la victoire de nos braves forces armées est certaine.

 

C’est pourquoi en dépit de ce contexte caractérisé aussi par le renchérissement du prix des produits pétroliers sur le marché international, notre pays, suite aux résultats positifs enregistrés dans le domaine budgétaire et monétaire avec un taux d’inflation limité à 6,4, a pu conclure positivement, en fin décembre dernier, avec les Institutions de Bretton Woods le troisième Accord annuel au titre de la FRPC.

 

Deux domaines d’action ont principalement mobilisé les Autorités de la BCRG pour réaliser ces résultats : d’une part, la régulation des liquidités intérieures afin que la quantité de monnaie en circulation soit à même d’assurer les transactions économiques et financières nécessaires à une croissance saine de l’économie, c’est à dire non inflationniste ; d’autre part, le réaménagement de la politique de change, marqué par d’importantes innovations qui ont permis de stabiliser le taux de change à un niveau réaliste, conduisant à une amélioration substantielle de la compétitivité de l’économie guinéenne.

 

La crédibilité de la gestion macroéconomique de notre pays a été renforcée par le fait que depuis septembre 1999 le taux de change est devenu flottant. Après les premiers ajustements, le taux de change est de plus en plus stable depuis l’année dernière grâce à un marché des enchères de devises qui fonctionne de manière transparente.

 

Durant le dernier trimestre 2000 la Banque Centrale a entamé la mise en œuvre d’un chantier de modernisation des instruments de politique monétaire. Les titres de régulation monétaire ont été introduites et le coefficient de réserves obligatoires baissé de 11 % à 5,5 %.

 

Quelles sont les perspectives pour l’année 2001 ?

 

Pour l’année 2001, l’action de la Banque Centrale s’inscrira dans le cadre de la politique économique du Gouvernement dont les objectifs essentiels sont : une croissance équilibrée de l’Economie, une inflation limitée et des réserves de change équivalant à 3 mois d’importation au moins.

 

Pour réaliser ces différents objectifs, la Banque Centrale entend poursuivre une politique monétaire de rigueur qui vise en tout premier lieu la stabilité des prix propice au développement économique.

 

Dans cette optique, la modernisation entamée des instruments de gestion monétaire sera poursuivie par l’entrée en vigueur du dispositif de pensions livrées sur le marché interbancaire et de la nouvelle hiérarchie des taux d’intérêt.

Le taux directeur de la Banque Centrale, pilier de cette nouvelle hiérarchie sera désormais le principal canal de transmission de la politique monétaire au secteur réel.

 

Dans le domaine des changes, la Banque Centrale continuera à pratiquer en 2001, une politique de taux de change flexible, qui visera à encourager la production locale et à développer l’intermédiation financière par la libéralisation des mouvements sur les comptes en devises et l’admission des bureaux de change privés sur le MED.

 

La Banque Centrale à côté du Gouvernement s’emploiera au cours de cette année à poursuivre le processus d’institutionnalisation des structures décentralisées d’épargne et de crédit en vue de favoriser l’essor de micro-crédits destinés aux populations les plus démunies notamment les femmes.

 

Elle poursuivra et finalisera avant fin septembre 2001 la restructuration des banques en difficulté afin que le système soit de plus en plus concurrentiel, gage d'un meilleur service à la clientèle.

 

La Banque Centrale renforcera ses capacités de supervision et invite d’ores et déjà les banques à qualifier leur système de contrôle interne afin de prévenir les risques inhérents à l’activité bancaire et surtout afin de sécuriser les fonds des épargnants et les ressources de l’Etat.

 

La bancarisation se poursuivra par l’inauguration cette année de l’Agence BCRG de Labé.

 

Chers Compatriotes,

 

Je ne saurais terminer cette adresse sans mettre un accent particulier sur l’important chantier de coopération monétaire sous-régionale que six Etats de la CEDEAO ont décidé de mettre en œuvre.

 

Il s’agit de la seconde zone monétaire Ouest africaine qui répond à la volonté de nos dirigeants d’amplifier l’intégration économique de nos pays au moyen d’une monnaie unique de transaction.

En participant à cette zone, la Guinée favorisera les investissements tant publics que privés, encouragera le rapatriement des recettes d’exportation, élargira la base fiscale par la réduction des circuits informels.

 

Chers Compatriotes,

 

Allons donc vers l’intégration avec une économie forte car notre monnaie commune sera le reflet du dynamisme de nos économies respectives. Oeuvrons donc ensemble avec le Gouvernement pour installer une économie forte, bien gérée et prospère.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.


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