Conakry, le 19 juin 2001
Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances ;
Monsieur le Ministre des Mines de la Géologie et de l’Environnement ;
Messieurs les Ambassadeurs ;
Messieurs les représentants des organisations internationales ;
Mesdames et Messieurs, les représentants des comptoirs de diamants ;
Mesdames, Messieurs,
C’est avec un réel plaisir que je prends la parole aujourd’hui pour vous entretenir, un court instant, de certains aspects liés à la production et à la commercialisation du diamant, objet de la présente cérémonie.
S’agissant spécifiquement du Certificat d’Origine et de Qualité (COQ), la Banque Centrale se réjouit très sincèrement de la mise en service de cet instrument qui participe du souci constant de notre Gouvernement de répondre favorablement aux préoccupations de la Communauté internationale et aux besoins des populations guinéennes. Le diamant qui est la pierre la plus précieuse au monde est devenu, depuis quelques années, une source de financement de la rébellion dans les pays africains, notamment en Afrique occidentale et plus particulièrement au Liberia et en Sierra Leone, au lieu de servir à financer le développement dans ces pays.
Les événements tragiques que nous avons vécus à nos frontières Sud et Sud-est depuis septembre 2000, sont des témoignages éloquents de l’usage criminel fait des ressources en provenance des diamants de la Sierra Leone.
En mettant l’embargo sur ces diamants et en imposant un Certificat d’Origine et de Qualité à tous les diamants produits à travers le monde, la Communauté internationale aide à apporter ainsi, une forme de solution équitable pour que nos populations vivent en paix.
Il nous revient alors de faire de cet instrument un outil efficace de contrôle de nos activités de commercialisation du diamant et de transparence de la gestion du marché de cette ressource.
Si nous coordonnons nos efforts et mettons en place des procédures simples et efficaces, je suis persuadé que chaque acteur intervenant dans le système tirera le maximum de profits, en toute sécurité et transparence, de l’usage de cet instrument :
- Vous opérateurs, vous pourriez vendre vos produits sur n’importe quelle place de marché du monde qui vous est favorable avec une garantie reconnue au plan international ;
- Le regroupement en un seul lieu (bourse de diamants) de tous les comptoirs d’achat et d’exportation permettra à court terme de maîtriser les prix locaux du diamant, de sécuriser le système et d’organiser et moraliser la profession en réduisant le volume des ventes et sorties frauduleuses ;
C’est le lieu et le moment pour moi de féliciter les comptoirs de diamants pour les efforts de transparence et le sérieux qui ont caractérisé leurs activités en 2000 et pour les 5 premiers mois de 2001.
En effet, les statistiques les plus récentes sont éloquentes. Les exportations officielles de diamant pour 1999 se sont élevées à 347 mille carats pour une valeur de 39 millions de dollars. En 2000, ces chiffres sont de 335 mille carats pour 43 millions de dollars.
Sur les deux périodes, les taxes perçues par l’Etat se sont élevées à 1.170.000 et 1.290.000 dollars respectivement.
La tendance pour cette année est encore meilleure car au 31 mai 2001 nos exportations atteignent déjà 40 % de celles de 2000.
Nul doute que l’Etat guinéen et plus précisément l’économie formelle seront les premiers bénéficiaires de ce certificat qui aura l’avantage :
·d’améliorer le niveau des taxes de l’Etat ; notre estimation est que cette taxe pourrait passer de 1.300.000 actuellement à près de 4.000.000 dollars US chacune des prochaines années;
·les valeurs exportées vont s’améliorer avec leur impact sur la balance des paiements de notre pays ;
·enfin, notre monnaie nationale pourrait en profiter si la réglementation est respectée.
Mesdames, Messieurs,
Soyez rassurés que ces chiffres indiqués ci-dessus ne sont qu’une approximation des vraies quantités qui ont fait l’objet de transactions au cours de ces périodes.
C’est pourquoi, la Banque Centrale fera tout ce qui est à son pouvoir pour aider à préserver ce précieux instrument.
Je vous remercie.