|
| Historique de la Monnaie | Billets et Pièces avant l'Indépendance | Billets et Pièces après l'indépendance | |
|
|
|
L'objet de ce document est de retracer, par le texte et par l''image, l ' histoire de la monnaie fiduciaire de la République de Guinée de l ' indépendance à nos jours. L'histoire de la monnaie fiduciaire est emblématique de l'histoire du pays car derrière les soubresauts monétaires se cachent ceux de l ' économie et de la politique. Cette histoire débute le 1er mars 1960, soit un an et demi après l ' accession de la Guinée à l'indépendance le 2 octobre 1958, avec le remplacement du franc CFA par le franc guinéen et celui de la BCEAO par la Banque de la République de Guinée (BRG). La monnaie guinéenne va ensuite changer plusieurs fois de nom. D'abord franc guinéen puis syli durant la 1ère république, la monnaie redevient le franc guinéen après l ' avènement de la 2e république. Au total cinq réformes monétaires ont donné lieu à six émissions différentes de billets entre 1960 et 2000. Chacun de ces changements de signes monétaires, à l ’ exception de celui intervenu en 1999, a été un acte autant politique qu'économique qui voulait marquer une rupture : - avec l ' ordre politique ancien : la colonisation pour la 1ère république, le dirigisme pour la seconde, - avec une situation monétaire et financière catastrophique : l ' inflation accélérée pour la 1ère république, la faillite financière du régime précédent pour la seconde. Après un bref historique de la monnaie fiduciaire guinéenne et de sa Banque Centrale émettrice nous nous intéresserons aux émissions fiduciaires successives et à leurs caractéristiques et présenterons les différentes coupures ayant circulé en Guinée depuis 1960 et circulant de nos jours. Depuis sa création en 1960, l'histoire de la monnaie fiduciaire guinéenne a été marquée par plusieurs émissions, changements de noms et de signes monétaires et celle de la Banque centrale émettrice par plusieurs modifications de son statut. Plusieurs grandes dates jalonnent leur histoire respective : 1960, 1961, 1963, 1972, 1980, 1981, 1982, 1983, 1985, 1986 et 1994.
Le 1er mars, la monnaie guinéenne voit le jour. Elle s'appelle le franc guinéen (GNF). Elle remplace le CFA et s'échange avec lui sur la base de 1 CFA = 1 GNF
Suite à la nationalisation des banques étrangères dans le pays, plusieurs banques publiques à vocation spécifique sont ouvertes : . la BNDA (Banque Nationale pour le Développement de l'Agriculture) , . la BGCE (Banque Guinéenne du Commerce Extérieur), . le Crédit National pour le Commerce, l ' Industrie et l ' Habitat.
Deux autres banques publiques vont voir le jour dans les années 70 : la BNSE ou Banque Nationale des Services Extérieurs pour les transferts et le change manuel et la BNED ou Banque Nationale d ' Epargne et de Dépôts résultant de la transformation des chèques postaux en banque.
Par l ' ordonnance n o 235 du 28 septembre 1985 portant statut de la Banque Centrale, la BCRG est totalement restructurée. Cette restructuration est conduite par la Guinée sous l ' égide du FMI et avec l ' assistance technique de plusieurs experts de Banques centrales francophones. La BCRG retrouve ses prérogatives d ' émission. Le 22 décembre 1985, le discours programme du Chef de l ' Etat, le Général Lansana CONTÉ, fixe les objectifs de la nouvelle politique économique d inspiration résolument libérale.
. au remplacement du Syli par le Franc guinéen sur la base de 1 GNS = 1 GNF . au changement des signes monétaires du 6 au 28 janvier 1986, . à l ' ouverture d'un marché hebdomadaire des devises aux enchères à la BCRG, . au flottement contrôlé du franc guinéen, . à une grande autonomie de la BCRG qui définit et conduit la politique monétaire et celle des changes dans le cadre du programme d ' ajustement structurel négocié par la Guinée avec le FMI.
En 40 ans d'émission monétaire autonome la Guinée a connu cinq réformes monétaires. Six familles de billets et quatre familles de pièces ont successivement circulé. Ces 6 émissions de monnaies nationales ont enrichi le patrimoine fiduciaire guinéen d'un ensemble de 33 modèles de billets de valeurs faciales allant de 1 à 10.000 unités monétaires et d'un lot de 16 pièces frappées en différents matériaux. En outre une trentaine de pièces commémoratives en or ou en argent ont été frappées à l ' occasion du 10e anniversaire de l ' indépendance monétaire en 1970, des jeux olympiques de 1984 et du 30e anniversaire de la monnaie guinéenne en 1990 ainsi qu'en l ' honneur de quelques personnages africains illustres. Toutefois ces pièces n'ont guère circulé et ont essentiellement servi d ' instrument de thésaurisation. Les billets de banque et les pièces émis par la BRG puis la BCRG depuis 1960 ont vu leurs caractéristiques se transformer au fil du temps. La première monnaie guinéenne, le franc guinéen, est émise à l ' occasion de la première réforme monétaire du 1er mars 1960. L'échange se fait à parité égale avec le CFA. Elle se présente en billets de 10.000, 5.000, 1.000, 500, 100 et 50 et en pièces en aluminium et bronze de 5, 10 et 25 francs guinéens. Artistiquement, les billets comportent, au recto, invariablement l'effigie du premier Président de la République de Guinée, Sékou TOURÉ, avec au verso des motifs différents, selon les dénominations et qui sont liés aux réalités économiques et culturelles de la Guinée : masque, extraction minière, coiffures tradi-tionnelles, plantation d'ananas ou de bananes. Les billets sont imprimés en Tchécoslovaquie. Techniquement, leur mode d'impression est simple : à plat ou lithographique si bien qu'au toucher ils ne présentent aucune rugosité. Ces billets ne comportent pas de filigrane, ni de fil de sécurité. Le volume des contrefaçons détectées dans cette émission justifiera, entre autres raisons, la mise en circulation d'une seconde famille de billets trois ans plus tard. Les pièces comportent : - à l ' avers la valeur faciale, la dénomination franc guinéen, la date du 2 octobre 1958 et la devise nationale "Travail, Justice, Solidarité", - au revers l ' effigie de profil et le nom du Président Sékou TOURÉ, la date de la frappe -1959- et la mention République de Guinée. Cette seconde famille est la première émission réalisée par la BCRG. L'échange se fait à parité égale avec le franc guinéen "type 1958" émis par la BRG et a lieu dans le cadre de la 2e réforme monétaire, le 1er mars 1963. Les billets émis sont des francs guinéens de caractéristiques artistiques similaires à celles des précédents, mais de couleur et de dimension différentes. Au recto figure toujours l' effigie du 1er Président de la République tandis qu'au verso seuls les thèmes liés aux activités économiques dominantes de la Guinée demeurent. Sur la première série figurait la date du 2 octobre 1958 marquant l ' indépendance de la Guinée. Sur la nouvelle série figure la date du 1er mars 1960 marquant l'indépendance monétaire. Cette date figurera sur toutes les émissions suivantes. La coupure de GNF 10.000 est supprimée pour éviter qu'elle ne soit thésaurisée et la plus forte dénomination est ramenée à GNF 5.000. La coupure de GNF 5.000 est de facture différente des autres coupures et l ' effigie du 1er Président de la République n'est pas la même. Les autres coupures sont des 50, 100, 500 et 1.000 francs guinéens. Sur le plan technique, on note quelques changements : avec l ' introduction des éléments de sécurité que sont le filigrane (la colombe) et le fil de sécurité. Les billets sont imprimés en Chine. Ces billets vont circuler du 1er mars 1963 au 1er octobre 1972. Quatre pièces en cupro nickel de 1, 5, 10 et 25 francs guinéens, frappées en 1962, sont mises en circulation à cette occasion. Elles comportent : - à l ' avers la valeur faciale, la dénomination franc guinéen, la date du 1er mars 1960, et la devise nationale "Travail, Justice, Solidarité", - au revers l ' effigie de profil et le nom du Président Sékou TOURÉ, la date de la frappe 1962, et la mention République de Guinée. Une nouvelle monnaie le Syli, qui signifie éléphant en langue Soussou et symbolise la 1ère République et son Président, est mise en circulation dans le cadre de la 3e réforme engagée le 2 octobre 1972. L'échange se fait à la parité de 1 syli contre 10 francs guinéens. Le syli est divisé en 100 cauris. Elle se présente en billets de 100, 50, 25, 10 sylis et en pièces en aluminium de 1, 2 et 5 sylis et de 50 cauris. Sur le plan artistique, on note un changement important : - au recto le portrait du premier Président cède la place aux portraits de héros africains de la lutte contre la colonisation. S'y côtoient Samory Touré, Alpha Yaya Diallo, S. Béhanzin et Patrice Lumumba par valeur faciale décroissante. - au verso toutefois les thèmes liés aux activités économiques dominantes de la Guinée demeurent. Sur le plan technique, on note une nette amélioration de la qualité des coupures. Outre les éléments de sécurité classiques, la taille douce fait son apparition comme en témoigne la sensation de rugosité que procure le billet au toucher. Les billets sont imprimés en Chine. Les pièces comportent : - à l ' avers la valeur faciale, la dénomination syli ou cauris, la date du 1er mars 1960 et la devise nationale "Travail, Justice, Solidarité", - au revers la date de la frappe -1971-, la mention République de Guinée, et différents personnages ou un cauris pour la pièce de 50 cauris. Il s'agit de la 2e famille de sylis mis en circulation du 16 au 19 avril 1981 dans le cadre de la 4e réforme monétaire. Cette réforme se déroule selon le principe de l ' échange direct et anonyme de tout montant inférieur à 20.000 sylis. Les montants supérieurs doivent être versés en compte dans le but de dégonfler la circulation fiduciaire dans le public et de conforter les encaisses bancaires. La 2e génération de sylis présente les mêmes figurines que la 1ère, avec seulement des teintes différentes et quatre dénominations supplémentaires avec la coupure de 500 à l ' effigie de J.B. TITO, premier Président de Yougoslavie, celle de 1 avec le portrait de Hadja Mafory Bangoura, celle de 2 à l'effigie du roi du Maroc Mohamed V et enfin celle de 5 avec le portrait de Kwamé N ' Krumah 1er Président de la République de Ghana. Ces petites coupures remplacent les pièces dans la circulation monétaire. Les billets sont imprimés en Chine. Cette monnaie circulera jusqu'au 5 janvier 1986. Le 3 avril 1984 est proclamée la 2e république. Celle-ci hérite d'une situation monétaire et financière catastrophique qu'aucun aménagement ne pouvait améliorer. Pour résoudre cette crise, une rupture était nécessaire et une 5e réforme monétaire est entreprise qui consacre la naissance de la 5e famille de billets : les "nouveaux" francs guinéens (GNF). Cette monnaie est émise le 6 janvier 1986. L'échange se fait selon le principe de la double parité : - une parité interne égale à 1 franc guinéen pour 1 syli, - une parité externe marquée par une dévaluation de 92 % (de 1 USD = 25 GNS à 1 USD = 300 GNF). A compter de ce jour, circulent 6 coupures de 5.000, 1.000, 500, 100, 50 et 25 francs guinéens et 4 pièces de 25, 10, 5 et 1 franc guinéen. Une pièce de 50 francs guinéens sera émise ultérieurement. La monnaie actuellement en circulation présente des traits particuliers : - sur plan artistique, on note une dépolitisation du billet. Les motifs artistiques sont tirés du patrimoine culturel au recto, et à l ' image des précédentes émissions, le verso est dominé par les activités économiques caractéristiques de la Guinée. - sur plan technique la triple impression, dont la taille douce, et les éléments de sécurité que sont le filigrane, le fil de sécurité, la micrographie et l ' image latente rendent plus difficile la falsification. Les billets sont imprimés en Grande Bretagne par Thomas Delarue. Les pièces sont en cuivre et acier et comportent : - à l ' avers la valeur faciale en chiffres et la dénomination franc guinéen, - au revers les armoiries de la Guinée, la mention République de Guinée, la date de la frappe -1985- et la valeur faciale en lettres. La pièce de 25 francs guinéens comporte la date de frappe de 1987. La pièce de 50 francs guinéens est en cupro-nickel. La démultiplication des différentes valeurs faciales assure la fluidité de la circulation fiduciaire, qui, à fin 1995 constitue encore la moitié de la masse monétaire. Les billets de faible valeur faciale sont à présent progressivement remplacés par des pièces, bien que les agents économiques aient une préférence marquée pour les billets. Une nouvelle série de quatre billets de 100, 500, 1000 et 5000 francs guinéens «Evolution 1998» a été émise en 1999 et 2000. Ces quatre nouvelles coupures ne remplacent pas les anciennes «type 1985» émises antérieurement lors de la cinquième réforme monétaire et qui continuent de circuler. Elles ne les remplaceront qu’au fur et à mesure du retrait des billets usagés de la circulation. Cette sixième émission n’accompagne pas, comme les précédentes, une réforme monétaire d’envergure mais vise au simple renouvellement de la gamme de billets existante. La nouvelle gamme reprend au recto et au verso les éléments décoratifs de la série précédente. Ses couleurs en diffèrent quelque peu et son format est plus réduit. De nombreux éléments de sécurité ont été introduits qui rendent plus difficile toute contrefaçon.
|
|
|
|
| Historique de la Monnaie | Billets et Pièces avant l'Indépendance | Billets et Pièces après l'indépendance |
|
|
|